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René Ouellet

Après une brillante carrière d'avocat, René Ouellet a été juge administratif à la Commission des lésions professionnelles. Il consacre aujourd'hui tout son temps à l'écriture.
Les deux premiers tomes du Sentier des Roquemont ont séduit jusqu'à maintenant plus de 30 000 lecteurs.

René Ouellet - Le sentier des Roquemont tome 3 - Le dilemme
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Son entrevue :


René Ouellet nous livre le premier tome d'une saga "Le Sentier des Roquemont". Pittoresque et un brin nostalgique, ce premier tome "Les racines" fait le voyage dans un Québec révolu, rempli de désillusions et de joies. À découvrir absolument !

La date de l'entrevue : 31 mai 2007

1) Vous avez exercé la profession d'avocat durant quelques années avant d'être nommé juge à la Commission des lésions professionnelles. Qu'est ce qui a motivé votre choix de devenir écrivain ?

Une carrière dans le domaine du droit permet de grands accomplissements au niveau personnel. Elle permet aussi d'être confronté à toute la gamme des émotions que les gens vivent au quotidien. En ce sens un avocat et un juge sont des personnes qui ont un accès privilégié à des éléments qui sont de nature à bien cadrer dans des récits romanesques. Les règles imposées aux praticiens du droit ne permettent pas de s'arrêter aux aspects émotionnels, une objectivité sans faille devant être respectée en tout temps, ainsi que le secret professionnel. En d'autres mots, la fiction permet de dire des choses qui autrement ne pourraient être dites. Il suffit d'avoir des choses à dire et de bien savoir transmettre au lecteur les émotions. Pour moi, ce fut un cheminement naturel, devenant un passe-temps important.
En mars 2007, j'ai pris ma retraite à titre de juge administratif, conservant toutefois mon droit d'exercice à titre d'avocat. Il est clair cependant que ma situation est devenue l'inverse de celle qui prévalait, c'est à dire que ma carrière d'écrivain a maintenant pris le dessus.

2) En 1991, vous avez publié « Le Chemin du printemps » puis 2 ans plus tard, vous avez remporté le prix littéraire français Saint-Éxupéry-Valeurs-jeunesse pour la Francophonie. Que représente pour vous cette distinction ?

Cette distinction a été un élément marquant dans ma poursuite de l'écriture. À mon premier roman, je venais de gagner un prix prestigieux au niveau international ! Malgré que "le Chemin du printemps" ait été écrit dans la perspective de donner des réponses aux adultes confrontés à la crise de la quarantaine, je me suis vu attribuer un prix relié aux valeurs jeunesse : ce fut pour moi une heureuse surprise. Alors que j'hésitais à me lancer dans l'aventure du "Sentier des Roquemont", parce que je savais à l'avance qu'il s'agissait d'un travail de titan, ce prix m'a donné le courage de me mettre à la tâche. Il faut dire que je prenais des notes à ce sujet depuis mon cours classique, alors que j'avais 20 ans...

3) Votre dernier roman historique « Le Sentier des Roquemont » est une saga de 3 tomes dont l'action se déroule à Saint-Raymond. Il est basé en partie sur des événements familiaux où se côtoient personnages réels et fictifs. L'oeuvre présente la vie quotidienne de l'après-guerre en y ajoutant les joies et désillusions de nombreux personnages. Quel personnage affectionnez-vous le plus ? Pourquoi ?

Je veux d'abord apporter une correction et une précision utiles, quant au présent préambule : la trame des trois tomes (qui sont tous écrits) débute en 1936 pour se terminer en l'an 2000. Le premier tome "Les racines" se terminant en 1951, ce qui couvre donc quelques années avant la guerre et qui comprend toute la période de la guerre.
Poser ces questions à un écrivain est comme demander à un père ou une mère lequel de ses enfants est son préféré... Il faut dire que, dans une telle saga, tous les personnages sont importants et généralement aucun ne peut être retiré du récit sans débalancer l'ensemble de l'ouvrage. Aussi, un personnage peut tirer sa force en raison de ses relations avec d'autres plus faibles. Ces restrictions étant posées, il est évident que Majella Roquemont, le principal acteur du récit est mon préféré. J'ai voulu mettre en lui les valeurs de courage, d'honnêteté, de détermination, d'empathie que l'on devrait trouver chez tous les gens d'honneur, surtout lorsqu'ils sont en situation d'autorité. La raison de ce choix est que celui que tous appellent " Majel" constitue le fil conducteur de toute l'intrigue. Comme vous le savez sans doute déjà - sinon vous l'apprendrez très vite - la plupart de mes personnages principaux ont été créés à partir de personnes vivantes, ayant déjà habité à Saint-Raymond, dans le comté de Portneuf, soit ailleurs. D'ailleurs plusieurs sont encore vivantes. Le personnage principal a été fortement inspiré de l'histoire de mon père, Majella Ouellet. Sans lui, ce roman n'aurait pas vu le jour, du moins, dans sa forme actuelle. Il ne s'agit cependant pas d'une biographie. Mais vous verrez quels autres personnages intéressants entourent "Majel"! Parmi ceux-ci, je m'en voudrais de ne pas mentionner les suivants: Anna, femme de caractère qui devient son épouse ; Louis Gauvreault (Tinomme) fidèle compagnon et adjoint ; Bruno, le comptable, son cousin conseiller et ami; Marsan, le dévoué et très impliqué médecin du village; Zotique, l'original photographe et homme d'affaires ; Donaldson, l'arpenteur-géomètre ; Walsh, le pilote de brousse ; Pampalon, le maquignon ; mademoiselle Evangéline, l'organiste ; Mondor, le maître-chantre ; Wilkey, l'industriel, le Frère Mark, enseignant, etc.

4) Cette saga raconte la vie quotidienne d'un Québec aujourd'hui révolu, aux métiers disparus, aux coutumes oubliées, aux moeurs désuètes où les gens découvraient l'automobile, les allocations familiales, la motoneige mais également un Québec frileux encore dominé par la minorité anglaise. Comment avez-vous vécu personnellement cette période ?

Je n'ai vécu qu'une partie de cette période. Tel que mentionné, le tome I, "Les Racines", se termine en 1951. Comme je suis né en 1941, mes premiers souvenirs débutent approximativement en 1944. Je me souviens que, pendant la guerre, dès qu'un avion grondait dans le ciel, nous devions nous cacher. Je me souviens que, pendant la période de rationnement, j'aidais ma mère à battre le beurre pour le mélanger avec du lait et ainsi faire 2 livres avec une seule. Et autres souvenirs du même genre.
Devenu plus conscient, j'ai écouté toutes les histoires que l'on racontait sur les conscrits que mon père avait cachés. Devenu adulte, j'ai pu mieux comprendre les motifs de ses agissements en raison des promesses brisées des politiciens qui avaient juré qu'il n'y aurait jamais de conscription.
En résumé, je peux dire qu'une personne attentive aux événements (ce qui a été mon cas en raison de ma mère qui nous tenait au courant de tout et qui nous avait appris à lire, à écrire et à compter avant de commencer d'aller à l'école) née en 1941, se trouve à avoir été un témoin stratégiquement bien situé, non seulement en raison des événements réellement vécus, mais aussi des récits qu'elle a entendus venant des plus âgés. Il faudrait écrire un livre seul sur les changements technologiques survenus depuis le début du siècle, ce qui s'avère effarant à titre d'impact psychologique sur les individus. Quand je suis allé étudier à Montréal en 1954 je devais prendre le train à Pont-Rouge, soit la machine à vapeur ! Mes enfants doutent encore de cette affirmation... Être un témoin de l'histoire a été un privilège. Avoir reçu le don de pouvoir la raconter en est un second !

5) L'écriture a nécessité plus de 10 ans de travail. Quelles démarches avez-vous dû entreprendre pour y parvenir ?

En somme, j'ai dû exercer pratiquement deux professions en même temps, ce qui a été exigeant à tous points de vue. Pratiquement tous mes loisirs ont été passés à la recherche, à la réflexion et à l'écriture du "Sentier des Roquemont". Le pari était risqué. Mais l'accueil du public lecteur pour le tome I a été à ce point enthousiaste, que j'ai presque oublié toutes les sueurs et anxiétés de cette période de labeur.
Pour parvenir à ce résultat, il m'a fallu suivre une discipline digne d'un spartiate. Ainsi, quand j'avais des congés, je prenais toujours les 2 premiers tiers pour le roman et le dernier tiers pour le repos. Pendant les fins de semaines ordinaires, je planchais sur le roman le samedi, me réservant le dimanche pour le repos.
Il m'est aussi arrivé fréquemment de souffrir d'insomnie et de travailler la nuit. Dans les dernières années toutefois, je me suis refusé à poursuivre de la sorte, me contentant, à l'occasion, de prendre des notes.

6) Vous vous êtes inspiré de votre père Majella pour écrire ce livre. Quel meilleur souvenir gardez-vous de votre père ?

Le retour du chantier au début du printemps ! Dans le tome I je décris ces retrouvailles qui remplissaient la maison de joie : notre mère nous lisait la missive habituelle écrite sur une écorce de bouleau (car notre père avait le sens du théâtre) qui mentionnait la date de son arrivée. Ensuite notre mère nous astiquait de la tête aux pieds comme si nous avions été des pièces d'argenterie. Comme nous ne tenions pas en place de toute la journée, excités que nous étions, elle nous mettait du Wave Set dans les cheveux pour être encore bien peignés à l'arrivée de notre père. Seul notre grand frère, Gilles, avait le droit d'aller à sa rencontre à bicyclette, à l'entrée du village (il faut bien avouer ici que nous ne possédions qu'une bicyclette pour les 6 enfants de la famille). Avec ses amis, notre grand frère revenait à la maison à la fine épouvante, alors qu'ils criaient tous « Ils arrivent ! Ils arrivent ! Le chantier de monsieur Majel arrive ! À ce moment, nous avions le droit de sortir et, tout fiers, devant nos amis et les personnes des alentours sur le pas de leurs portes, nous regardions défiler la vingtaine de chevaux, qui, au pas fatigués, tiraient les bobsleigts repliés en deux, avec les hommes assis sur les paquetons. Sur la pointe des pieds nous cherchions du regard la dernière monture où se trouvait le jobber, notre père, Majel, qui, comme un capitaine de bateau, était toujours le dernier à fermer la marche. Pendant que mon père, le seul à agir de la sorte, donnait les guides à son second et arrêtait devant la maison, nous courrions nous jeter dans ses bras. Il nous soulevait alors un à un devant tous, nous faisant une embrassade avec sa barbe piquante de quelques jours, pendant que maman, sur la galerie, attendait son tour en versant des larmes de joie. Puis, papa s'assoyait dans la grand chaise du salon, alors que maman lui apportait à boire et que nous nous chamaillions pour savoir qui serait le plus rapide à lui délacer les bottes. Immanquablement, même s'il sortait de la forêt, notre père avait toujours un cadeau pour chacun de nous dans le fond de son pack-sac... Après le repas, ma mère lui faisait couler un bain chaud. Curieusement cependant, ce n'est que dans les jours suivants que nous avions droit au récit palpitant des péripéties de son dernier voyage en forêt...

7) Si vous deviez réécrire une partie de l'histoire québécoise, laquelle réinventeriez-vous et pourquoi ?

Pour me prêter au jeu, je peux simplement dire qu'il serait intéressant de savoir ce que serait le Québec actuel si les Français avaient gagné la bataille des Plaines d'Abraham en 1759.
Le Canada serait peut-être entièrement français, de l'Atlantique au Pacifique ! Un tel pays s'appellerait peut-être le Québec ! Une confédération aurait peut-être été créée avec les États-Unis et nous aurions peut-être les mêmes problèmes que nous avons de nos jours à faire respecter le partage des pouvoirs par le présent gouvernement fédéral ! S'il n'y avait pas eu l'union du Bas-Canada et du Haut-Canada, le Québec serait aujourd'hui probablement un pays unilingue francophone possédant entière juridiction dans tous les champs de compétence d'un pays souverain ! Le Québec aurait pu devenir tout aussi bien par la suite un autre état américain !
Pour réinventer cette histoire, il n'aurait fallu qu'un simple événement fortuit, soit une période de gel précoce entre le 1er et le 13 septembre 1759, date de la bataille décisive et fatale sur les Plaines d'Abraham. En effet, les Anglais avaient envahi le St-Laurent le 26 juin 1759 et toutes les tentatives de prendre la ville fortifiée avaient échouées ou n'avaient pu être menées à terne. Au point de vue tactique, les Anglais ne possédaient en réalité que quelques jours additionnels pour lancer une attaque sur Québec, les conditions de gel devenant un incontournable devant les forcer à plier bagages.
Donc, si je la réinventais, cette bataille, ce serait pour le simple plaisir d'écrire une fiction. Car nul ne sait vraiment comment les choses auraient tourné par la suite. Les Anglais, forts d'une expérience manquée, auraient pu revenir plus forts dans les années suivantes !
J'aime beaucoup l'histoire en général et celles du Canada et du Québec en particulier. Comme l'histoire d'un pays est le résumé des événements qui ont façonné un territoire et la manière de vivre de ses habitants, lesdits faits marquants ayant été généralement causés par des agissements volontaires et d'autre involontaires, et souvent en raison du hasard ou d'une méconnaissance de certains faits essentiels lors de prises de décisions, il faut donc avoir un grand respect des conséquences des décisions prises et des actions posées sur une longue période dans le temps. Personnellement, j'aimerais mieux partir de ce qui existe actuellement au Québec et tenter de prédire comment il faudrait agir pour que les choses changent. Nous venons de vivre un moment historique au Québec alors que les trois principaux partis politiques sont au coude à coude. Ce qui signifie aussi un impact à court terme sur le mandat que les électeurs du Québec devront donner à leurs représentants au niveau du gouvernement canadien, soit à la Chambre des Communes à Ottawa ! Je crois qu'il s'agit d'une période qui s'annonce palpitante à vivre ! Imaginez : deux gouvernements minoritaires, l'un à Québec, l'autre à Ottawa ! Mais ce n'était pas la question posée...

8) Certains journalistes vous inscrivent dans la lignée des grands romanciers conteurs québécois dont la plupart sont des femmes telles qu'Arlette Cousture, Francine Ouellette, Marie Laberge. Vous retrouvez-vous dans cette lignée ?

Une telle assertion est flatteuse en ce qu'elle assimile mes ouvrages à ceux d'une constellation d'écrivaines remarquables. J'aimerais être classé dans une telle lignée ! Je préfère cependant que ces rapprochements soient faits par d'autres personnes que moi, journalistes, critiques littéraires, éditeurs, lecteurs, etc.
Le plus loin que je puisse aller est de citer un lecteur averti qui m'a affirmé que "Le Sentier des Roquemont" était un roman constituant une sorte de "Filles de Caleb" inverse, en ce sens qu'il décrivait davantage les émotions des hommes dans un cadre historique analogue.

9) Quels récits ou quels auteurs ont le plus influencé votre imaginaire ?

Les auteurs : Victor Hugo, Jules Verne, Emile Zola, Guy de Maupassant, Louis-Ferdinand Céline, Ringuet, Louis Hémond, Félix-Antoine Savard, Geneviève Guèvremont, Felix Leclerc, Agatha Christie, Daphnée Dumaurier... Il faut dire aussi que, au delà de ces auteurs dont les oeuvres principales m'ont réellement marqué, il y a eu des romans jeunesse dont je n'ai pu retrouver les noms des auteurs, comme dans la série Signes de pistes et Biggles...
Le cinéma et les bandes dessinées de certains quotidiens ont grandement contribué à développer mon imagination.
Au risque de passer pour un inculte, j'affirme que des films (ou bandes dessinées) tels que Zorro, Robin des bois, et autres semblables, alors que le héros défend la veuve et l'orphelin dans l'honneur et le respect des valeurs, peut autant développer l'imagination, sinon plus, que la lecture de certains auteurs classiques.

10) Dans votre entourage, qui est votre premier lectorat avant publication ?

J'ai toujours procédé de la même manière, ne me limitant pas à mon entourage, mais l'incluant. Mes premiers lecteurs sont mon épouse, mes enfants, et quelques parents proches.
Même si ces personnes sont instruites et des lecteurs et lectrices aguerris, je déborde de ce cadre.
Par exemple, pour "Le Sentier des Roquemont", il faut dire que sur dix ans, j'ai rédigé pas moins de quatre versions, ajoutant, retranchant, modifiant, peaufinant... À chaque version, le roman était lu par mes proches et quelques connaissances ayant des qualifications dans le domaine de l'écriture. Cependant la dernière version a été soumise à un ensemble de 15 personnes à qui j'ai posé les 25 mêmes questions et qui y ont répondu par écrit.
Cet exercice m'a permis de procéder aux ajustements qui s'imposaient pour en faire un ouvrage qu'un éditeur ne pourrait refuser.

11) A quoi travaillez-vous en ce moment ?

En ce mois de mai 2007, je suis en train de réviser la version finale format "papier" que m'a transmis mon éditeur pour la parution du Tome II du "Sentier des Roquemont" qui sera publié en août prochain.
En octobre 2007, je ferai le même exercice pour le Tome III qui sera publié au début de l'année 2008.
Ensuite, viendra un recueil de nouvelles, lequel est prévu pour décembre 2008.
Pour la suite des choses, je suis en discussion avec mon éditeur pour un autre roman qui pourrait voir le jour en 2010. Entretemps, interviendra une ré-édition et une traduction en anglais du roman " le Chemin du prntemps", lequel est épuisé depuis plusieurs années.

12) Pour terminer, quel message voudriez-vous lancer aux lecteurs de Québec Loisirs ?

En écrivant "Le Sentier des Roquemont", je me suis donné comme mission de transmettre aux générations actuelles et futures un assortiment incontournable de contes et de faits vécus au coeur du Québec depuis le début de l'époque moderne.
Après avoir relu "Trente arpents", "Maria Chapdeleine", "Menaud maître draveur", "Pieds nus dans l'aube", et "Le survenant", je me suis dit que le contenu du "Sentier des Roquemont" conférerait une valeur ajoutée à ces ouvrages phares de la littérature québécoise. À vous de vérifier si je me suis fait des illusions. Dans tous les cas, faites-moi savoir en m'écrivant à l'attention de Québec Loisirs.


René Ouellet en 5 questions :

1) Le métier que vous rêviez d'exercer enfant ?
Enseignant

2) Le moment de la journée que vous préférez ?
Le matin

3) Votre destination de rêve ?
Mon intérieur

4) Quelque chose qui vous fait rire ?
Des petits vieux qui se prennent pour des jeunes !

5) Le plus beau cadeau que vous ayez reçu ?
L'appétit de tout


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