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Diane Lacombe

Auteure de la trilogie de Mallaig (L'Hermine, La châtelaine et Sorcha de Mallaig), vendue à plus de 500 000 exemplaires au Québec et dans le monde, Diane Lacombe signe ici son sixième ouvrage de fiction historique.
Native de Trois-Rivières, elle a choisi l'Écosse comme source d'inspiration. Elle en cultive une vision intime et nous invite à un voyage imaginatif dans l'histoire médiévale.

Diane Lacombe - Moïrane
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Moïrane
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Diane Lacombe - Gunni le Gauche
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Gunni le Gauche
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Son entrevue :


En 2000, alors conseillère en communications, Diane Lacombe profite d'un congé pluvieux pour se lancer dans l'écriture de ce qui allait être La Châtelaine de Mallaig. D'abord écrit pour elle-même, puis pour sa mère et ses soeurs, auxquelles elle envoie un chapitre par semaine, Diane Lacombe constate que l'engouement pour dame Gunelle prend de l'ampleur. Son roman fait l'objet d'une édition artisanale dont les cent exemplaires s'envolent en un rien de temps, avant d'être publié chez VLB Éditeur. Quelques années plus tard et plusieurs milliers de fans en plus, l'auteure nous redonne des nouvelles de Mallaig par le biais d'une nouvelle héroïne : Sorcha.

La date de l'entrevue : 31 juillet 2004

Votre carrière d'écrivain a débuté avec La Châtelaine de Mallaig, en 2002. Comment vous êtes-vous lancée dans l'aventure de l'écriture ?

Mon premier roman, je l'ai écrit par accident, par désoeuvrement, pour me faire plaisir. J'avais six mois de congé et j'ignorais que l'activité de me raconter une histoire par écrit finirait par devenir un roman. Mon deuxième roman s'est élaboré avec la conscience très nette de ce que je faisais : ce n'était plus un accident ou du désoeuvrement. Cependant, j'en ai tiré un égal plaisir.

Le pas entre l'écriture ludique et la publication à grande échelle a-t-il été facile à franchir ?

Pour moi, il n'y a aucun «pas» entre l'écriture ludique et celle pour un vaste public : c'est exactement la même. Je crois que le jour où je n'écrirai plus par plaisir, que je n'inventerai plus d'histoires qui me captivent, moi d'abord, je cesserai d'écrire. Peu importe le nombre de lecteurs ou lectrices qui «attendent» que je signe un autre roman, tant que j'aurai des choses à raconter, je le ferai et tant qu'il y aura des éditeurs pour les publier, elles le seront.

Pourquoi avoir choisi de situer vos romans au Moyen-Âge et, qui plus est, en Écosse ?

Le Moyen-Âge est une tranche d'histoire de l'humanité qui me fascine depuis longtemps. C'est devenu au fil de mes lectures, des films que j'ai vus, des musiques que j'ai écoutées, mon univers de prédilection pour m'évader. Quand on écrit de la fiction, il faut plonger dans un monde qui génère précisément des contextes et des personnages inspirants. Pour moi, le Moyen-Âge est la terre de mon imaginaire.
Quant au choix de l'Écosse, il s'est naturellement imposé à cause de sa situation géographique : c'est un pays nordique qui ressemble beaucoup au Québec sur plus d'un aspect (faune, flore, géologie, climat, dualité linguistique, société clanique); et puis, c'est un pays européen et, au début du XVe siècle, c'est en Europe que ça se passait !

Ce mystérieux pays semble avoir inspiré de nombreux écrivains, tels que Diana Gabaldon et Sonia Marmen, qui en ont, elles aussi, fait le terrain de romans historiques. Comment expliquez-vous cette vive emprise de l'Écosse sur notre imaginaire ?

On peut attribuer plusieurs facteurs à l'engouement, si engouement il y a, pour l'Écosse comme terrain fertile aux fictions romanesques : c'est un pays de grande nature (pour les Européens, notamment) ; rempli de vestiges de châteaux (comme l'Irlande) ; possédant une forte personnalité (pour le Royaume-Uni lui-même). Outre le tartan et la cornemuse, le pays est méconnu internationalement et politiquement. Jusqu'à récemment, il faisait encore figure de pays conquis par les Anglais et possédait donc ce petit côté «peuple soumis et rebelle» si stimulant pour des fictions.
En ce qui a trait à l'intérêt des auteurs et lecteurs américains pour l'Écosse, je pense qu'ils sont attirés par ce pays dont la majorité de ses habitants a été exilée à partir du XVI et XVIIe siècle en Amérique et en Australie. Il y a plus d'Écossais en dehors de l'Écosse qu'en dedans, entend-on souvent. En effet, qui, au Canada ou aux États-Unis ne connaît pas de personnes originaires d'Écosse ? On n'a qu'à remarquer les noms de famille d'Écossais qui remplissent nos pages d'histoire et nos annuaires téléphoniques pour se convaincre de la présence tangible de leur descendance de ce côté-ci de l'Atlantique !

Vos deux romans se situent dans un contexte historique bien établi, sans toutefois verser dans les détails. Comment s'effectue votre travail de recherche, et comment tranchez-vous entre ce que vous intègrerez à vos romans et ce que vous laisserez de côté ?

Dans mes recherches historiques, je conserve les éléments qui sont révélateurs du contexte social dans lequel mes personnages évoluent, les éléments qui révèlent les aspects propres au Moyen-Âge. Je tiens beaucoup à ce que mon héroïne soit campée dans une époque précise et dans un pays réel et non pas dans un monde fantastique où l'invraisemblance règne. Cependant, je ne veux pas raconter l'histoire de personnes qui ont vécu réellement et qui ont laissé leur trace. Je laisse cela aux historiens. Si j'emprunte à l'histoire de l'Écosse certains faits ou personnages secondaires, c'est par souci de bâtir l'univers le plus authentique possible pour mes personnages principaux.

Prendriez-vous la même latitude si vous écriviez sur l'Histoire québécoise, par exemple, ou l'Écosse vous permet-elle justement cette liberté ?

Je ne deviendrai jamais historienne, quels que soient la période et le pays où mon imagination élira domicile. Comme le Moyen-Âge m'inspire toujours, alors il y a peu de chance que j'écrive sur l'histoire québécoise. Si, un jour, je devais m'intéresser à une autre époque et que le Québec devenait un terrain possible, je ne changerais probablement pas ma façon de traiter et de me servir de l'Histoire : cette dernière demeurerait secondaire, je n'en emprunterais que les «meubles».

Gunelle et Sorcha sont deux femmes fortes et déterminées. D'où vous vient l'inspiration pour de tels personnages de battantes ?

Sait-on vraiment de quel repli de la mémoire ou de l'imagination sortent les personnages d'une fiction ? Moi, je l'ignore. Ces «battantes» comme vous appelez mes héroïnes, elles se sont imposées à moi sans me présenter leur curriculum vitae. Je les ai accueillies, je leur ai confié un premier rôle dans mes fictions et elles se sont si bien débrouillées qu'elles ont fini par conduire mes récits. D'où viennent-elles ? Où sont-elles reparties après leur prestation ? Mystère...

Le personnage de Sorcha est beaucoup plus jeune que celui de Gunelle et, au fil du récit, elle traverse l'adolescence et vit son premier amour. A-t-il été plus difficile d'écrire sur une jeune fille, et vous êtes-vous pour cela replongée dans votre propre jeunesse ?

Sorcha m'a ramenée dans mon enfance, dans un monde de filles, parmi mes quatre soeurs. J'ai revisité avec bonheur ce coin de mon coeur où il est si facile de retrouver les sensations, les idées et les rêveries dont toutes les adolescences sont pétries.

Avant de constater l'envergure de l'intérêt du public pour La châtelaine de Mallaig, envisagiez-vous déjà d'écrire Sorcha de Mallaig ?

Non, le récit qui m'habitait après celui de La Châtelaine de Mallaig n'était pas Sorcha. C'était plutôt celui que j'écris en ce moment, commencé en mai dernier. J'ai concédé au public de mettre ce projet actuel en veilleuse pour lui donner Sorcha au printemps 2004 et lui offrir ainsi la suite de La Châtelaine de Mallaig qu'il réclamait. Mais Sorcha était sortie depuis à peine deux semaines que ce même public me demandait d'en écrire la suite. Je ne lui ai pas cédé, cette fois. J'ai repris le filon qui s'était pointé juste après La Châtelaine de Mallaig et j'ai tiré dessus. Un roman apparaît, qui n'est pas une suite à Sorcha, mais une histoire qui précède La Châtelaine de Mallaig.

Donc, une troisième jeune femme viendra-t-elle rejoindre Gunelle et Sorcha à Mallaig dans ce prochain roman ?

En effet : une autre aspirante au poste de châtelaine à Mallaig m'a rencontrée et elle a obtenu le rôle. Je ne sais pas encore comment elle va parvenir à ses fins, mais jusqu'à maintenant, elle bouscule drôlement son entourage !...

Comptez-vous désormais vous consacrer à l'écriture ou plutôt regagner votre ancien poste ?

J'ai pris une retraite hâtive de mon poste de conseillère en communications au printemps 2003. J'écris à plein temps, depuis. Les retraités ne regagnent jamais leur ancien poste... Heureusement !

Diane Lacombe en cinq questions

Une tradition à laquelle vous tenez ? Les fêtes de Noël et du Jour de l'An en famille.

La première chose que vous faites en vous levant ? J'ouvre les stores et j'attache mes cheveux en regardant dehors.

Votre livre préféré lorsque vous étiez enfant ? Les livres de la collection «Martine», à cause des illustrations et des animaux.

La chose qui vous fait craquer au centre d'achat ? Les petits kiosques à foulards, à pantoufles et à bas. Pourtant, je n'y ai acheté qu'en de rares occasions.

Une chanson que vous aimez fredonner ? La chanson démodée de Gilles Vigneault : «J'ai trouvé ma mie en haute montagne, la lune était ronde et le hibou huait...»


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