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A.B. Winter


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Son entrevue :


L'auteure nous en dit plus sur cette formidable aventure à la conquête de soi, ou plutôt, à la reconnaissance de soi.

La date de l'entrevue : 2 février 2009

Vous avez publié en 2007 votre premier roman, La grande mascarade, à la frontière entre l'ésotérisme et le thriller. D'où vous est venue l'idée de ce livre ?

La grande mascarade est en effet une histoire initiatique qui amène le lecteur à se questionner sur sa véritable identité.
L'idée m'est venue tout naturellement alors que je faisais du ménage dans mes affaires. Je suis tombée sur une boîte remplie des journaux intimes écris depuis mon enfance. J'en ai feuilleté quelques-uns pour m'arrêter à celui que j'avais rédigé à l'âge de 11 ans. Des lignes malhabiles, certes, mais dont la clarté du ton et du propos m'ont surpris. J'y décrivais mon rêve d'être écrivain, ma destinée de vivre entourée de mots.
N'est-ce pas extraordinaire ! Déjà à cet âge je savais ce qui me passionnait. Pourtant, dans ma vie d'adulte, le métier d'auteure n'était absolument pas celui que j'exerçais !
Je me suis alors demandée qui, de la petite fille que j'étais, encore à peu près vierge de toute pression sociale, ou de moi, la femme adulte hyper influencée, savait vraiment quelle était ma véritable identité. Puis l'idée m'est venue : et si chaque adulte recevait une lettre de lui-même enfant, lui annonçant quel était son vrai rêve ? Que se passerait-il alors ?
Ainsi est né La grande mascarade...

On parle de l'existence d'un réseau mondial dans ce livre. Pouvez-vous nous en parler ?

La trilogie de La grande mascarade est un roman qui suggère l'impossibilité, pour un enfant, de demeurer lui-même dans une société où la pression pour atteindre la perfection est de plus en plus forte. Ainsi, chaque enfant afin de se faire aimer et accepter par son entourage, doit nécessairement se créer des masques afin d'entrer dans le moule strict de la société.
La grande mascarade raconte l'existence d'un monde parallèle mystérieux, un grand réseau, au sein duquel les enfants, pour sauver leur âme, doivent abandonner leur véritable identité aux mains de gardiens de la vérité avant de se transformer, d'enfiler des masques et devenir une personne qu'ils ne sont pas.
S'ils réussissent, il leur sera possible, une fois atteint l'âge adulte, de retrouver leurs gardiens de la vérité, d'enlever leurs masques et de reconquérir leur authentique personne.

On compare souvent ce livre à La prophétie des Andes ou à L'alchimiste. Êtes-vous d'accord avec ces rapprochements ?

C'est un grand honneur que de voir La grande mascarade comparée à ces oeuvres. Pourtant, il est vrai que mon roman se retrouve dans la même lignée de livres qui, en ces temps de guerres et de catastrophes naturelles, tentent de redonner espoir en la race humaine par le biais du développement personnel.
Comment l'humain réagit-il face au malaise que lui cause l'atrocité humaine? A quoi s'accroche-t-il pour survivre à cette inadéquation que lui fait sans cesse ressentir la vie avec son lot d'injustices, de conflits, de paradoxes et d'incohérences ? Et dans ces conditions, comment fait-il pour continuer à ne pas déranger, à faire son boulot, et à ne pas, surtout, écouter la révolte silencieuse qui gronde en lui ?
Quand je pense à tous ces écrivains que j'admire, Aldous Huxley, Hermann Hesse, Antoine de St Exupéry, Paolo Coelho, ou encore à Richard Bach et James Redfield, ce sont tous des auteurs qui ont tenté de répondre à ces questions derrière les mots d'un roman. Et c'est un peu ce que j'essaie, bien humblement, de faire.

Le personnage principal Sydney Hugues reçoit une lettre écrite lorsqu'elle était enfant ce qui va constituer le début de sa propre quête. Y-a-t-il un peu de vous dans ce personnage ?

On me demande souvent cette question. Je dois dire que tout ce qui se retrouve dans mes romans est inspiré d'une émotion que j'ai ressentie. Ainsi, je fais vivre à mes personnages non pas des situations que j'ai vécues mais bien des émotions que j'ai éprouvées.
Cela dit, bien sûr, Sydney me ressemble. Mais Sydney n'est pas que moi, elle est aussi remplie de tout ce que peuvent vivre mes amies, mes parents, mes frères et soeur, bref, toute personne vivant avec des masques !

Ce livre a-t-il été pour vous une introspection du même genre ?

Comme je l'ai dit plus haut, chaque histoire que j'écris est la décomposition d'une émotion que j'ai éprouvée et que je transpose sur mes personnages. Alors, en ce sens, tous mes romans sont en quelque sorte des analyses de mes réactions face à un serrement de coeur, à un malaise, ou encore à une joie que j'ai ressentie. Il ne peut en être autrement pour moi.

Quel genre d'enfant étiez-vous ?

Ce ne sera pas une surprise : j'étais relativement solitaire, et je lisais tout le temps ! J'écrivais des histoires et j'étais obsédée par l'idée de dormir. Mais bien sûr, ce ne sont pas des activités très valorisées, surtout lorsque l'on vient d'un milieu où la performance est très importante. Je n'ai donc pu, malheureusement, rester moi-même bien longtemps ! Par contre, quand j'y pense aujourd'hui, se permettre d'écrire et de se reposer, n'est-ce pas merveilleux ?

Des lecteurs ayant lu votre livre ont vu leur vie changer radicalement. Est-ce le cas pour vous ?

Par bonheur, je reçois des dizaines de courriels de lecteurs par semaine. Et à chaque fois, je me dis que si mes romans ont un impact si positif sur la vie des gens, et bien c'est que c'est vraiment ce que je devais faire. Mais si j'inspire mes lecteurs, le contraire est aussi et sinon encore plus vrai : sans eux, sans leur commentaires extraordinaires, je n'aurais pas la motivation qui m'habite aujourd'hui !

Le deuxième tome, L'ode à la joie, sorti à l'automne dernier, nous éclaire davantage sur le danger qui a un jour menacé la survie du réseau et ce qui l'a sauvé. On y apprend que des personnages célèbres de notre temps en ont fait partie. Où est la frontière entre fiction et réalité ?

N'est-ce pas troublant ? Les faits réels s'imbriquent si bien dans mon roman qu'on en vient à se demander si tout cela ne pourrait pas être vrai ! Car oui, Beethoven a réellement été déterré 20 ans après sa mort par des médecins, il a réellement écrit le testament d'Heiligenstad à 30 ans (testament qui a ensuite été retrouvé à sa mort par son secrétaire), il a réellement composé l'Ode à la joie à partir d'un poème de Schiller, et il a réellement rencontré Rossini peu avant de mourir. Et pour ajouter à l'incroyable, Rossini a réellement composé, suite à sa rencontre avec Beethoven, l'opéra Guillaume Tell, basé sur une pièce de Schiller, pour ne plus jamais composer un opéra par la suite !
C'est à croire que le réseau a réellement existé !

Le tome 3 est prévu pour septembre 2009. Pouvez-vous nous en parler ?

C'est dans ce troisième et dernier tome qu'est dévoilé l'identité de la personne qui a créé le réseau il y a des centaines d'années, pourquoi l'a-t-elle crée et enfin, quel est le destin qui attend les gens qui le composent.
Car, il a été prévu que cette longue chaîne d'espoir se romprait un jour, et que se perdraient les milliers d'âmes d'enfants abandonnées, celles jamais réclamées. Et avec ses âmes, s'envolerait le secret que protégeait le réseau depuis le début. À moins que quelqu'un d'autre n'en décide autrement !

Aimeriez-vous qu'un film soit tiré de ce roman ?

C'est déjà fait ! Un contrat a été signé à l'automne avec la maison de production Zoo Films. J'ose à peine imaginer mes personnages sur grand écran !

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille à terminer le 3e tome, bien sûr. Mais je suis aussi en train d'écrire une série télé captivante qui traitera des actes que l'émotivité de plus en plus excessive des êtres humains nous porte à poser chaque jour.

Pour terminer, quel message voudriez-vous lancer aux lecteurs ?

Pour répondre à une des questions que mes lecteurs me posent souvent, à savoir : Que faut-il faire une fois que l'on a enlevé ses masques ? Et bien je réponds qu'à toute proportion gardée, il est relativement facile d'enlever ses masques. La véritable difficulté, c'est d'avoir le courage de les enlever, encore et encore, chaque jour.


A.B. Winter en 5 questions :

Le métier que vous rêviez d'exercer enfant ?
Écrivain

Le livre qui vous a le plus transporté ?
Il y en a tellement ! Mais très récemment, Mange, Prie, Aime d'Elizabeth Gilbert.

Votre plus beau voyage ?
Celui que je fais présentement, à savoir de revenir à la maison, à ma véritable identité.

Quelque chose qui vous fait rire ?
Les blagues de mon amoureux !

Une de vos petites manies ?
Je déteste les pâtes vertes !


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