Concernant "La grande mascarade" :
Certains caractères plient à force d'être frappés, d'autres fondent et se laissent mouler, parfois même si parfaitement qu'ils en oublient leur propre matière brute.
Lorsqu'on se remémore notre enfance : ce que nous étions alors, ce que nous aimions, ce que nous voulions devenir plus tard... Avons-nous, aujourd'hui, gardé les mêmes envies et les mêmes valeurs ? Où est l'enfant en nous ? Comment et pourquoi sommes-nous devenus les adultes que nous sommes à présent ? Et qu'en est-il de nos parents ?
La Grande mascarade, c'est une grande aventure où Sydney Hughes, tout à fait aliénée par son travail on ne peut plus accaparant, se laisse contrôler par son mari, son père et ses calmants. Un soir, notre héroïne reçoit l'appel de sa vie : une lettre de Sydney Hughes, adressée à Sydney Hughes...
Dans son livre, A. B. Winter suggère une intéressante hypothèse selon laquelle, pour préserver leur identité propre alors qu'ils doivent entrer dans le moule de la société, des enfants inscrivent leur véritable «Être» sur papier. Cela étant fait, ils demandent alors en général à un adulte de garder leur secret en lieu sûr, le temps de passer la tempête de la fin de l'enfance. Tout un réseau d'enfants et d'adultes serait de mèche dans ce processus appelé : la grande mascarade. L'hypothèse est proposée de manière habile à l'intérieur d'un récit qui se déroule de par le monde et à diverses époques.
Dès le tout début du livre, l'auteure frappe, surprend. L'aventure de Sydney se présente ensuite, et on a envie d'accompagner l'héroïne, de découvrir avec elle qui elle est réellement. Winter accroche le lecteur avec son rythme et son suspense bien dosé. Ce dernier reste sensiblement égal jusqu'à la fin, où la boucle se boucle, sur toutes les autres boucles...
La grande mascarade est une formidable aventure à la conquête de soi, ou plutôt, à la reconnaissance de soi.